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23/03/2009

Hadopi peine à s'exporter

Alors que le débat sur la loi Hadopi agite la toile française, la Nouvelle Zélande vient officiellement d'abandonner le principe de la riposte graduée. D’autres pays songent ou ont songé à adopter une législation similaire, dans le but de lutter contre le piratage des œuvres culturelles. Et bien souvent, l’échec est au rendez-vous. Petit tour d’horizon des lois et de la mobilisation des internautes.

Ils font demi-tour

nzeland.pngNouvelle Zélande
La figure de proue de la riposte graduée a été contrainte de faire machine arrière face aux protestations des internautes. La «section 92a» prévoyait de couper l’accès au réseau aux internautes étant reconnus coupables de piratage. Très vite, les internautes et les associations se sont organisés pour manifester leur mécontentement. Manifestations dans tout le pays, pétition (18 000 signataires), et surtout, un «black out» du web neo-zélandais.

Le premier ministre John Key a annoncé le 23 février dernier que la section 92a était suspendue. Il a donné jusque fin mars aux industries culturelles et aux industries des télécoms pour se mettre d’accord sur un code de bonnes pratiques afin d’éviter toute dérive. Celui proposé par les fournisseurs d’accès, très restrictif, ne plaît pas aux industries culturelles … Et aujourd'hui, coup de théâtre, la section 92a est purement et simplement abandonnée. Une nouvelle qui devrait certainement encore plus mobiliser les opposants français à la loi Hadopi.

australie.jpgAustralie
Le Ministre des Communications et de l’Economie numérique, Stephen Conroy, souhaite obliger les FAI à bloquer un certain nombre de sites placés dans une liste noire. Cette liste sera établie par une autorité gouvernementale, l’ACMA (Australian Communications and Media Authorities). Elle est consultable à cette adresse (nous vous déconseillons néanmoins de cliquer sur les sites interdits, regroupant essentiellement des sites pédophiles ou pornographiques). Deux types de filtrages sont prévus. L’un à l’égard des enfants, sorte de contrôle parental qui pourra être déverrouillé par un adulte, et un filtrage qui s’appliquera pour tous les internautes australiens envers les sites «déviants». Quels seront-ils ? La question est grande ouverte. Stephen Conroy évoque les sites pédophiles, mais aussi «d’autres contenus indésirables».
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Les associations (notamment No Clean Feed) craignent une censure du net et dénoncent un projet liberticide. Les internautes ont manifesté en masse le 13 décembre dernier sous le mot d’ordre «Save the Internet»

Les FAI dénoncent eux aussi un projet irréaliste techniquement et économiquement. Selon les premiers tests, la vitesse de connexion serait ralentie d’en moyenne 30% (et jusqu’à 87%), tandis que des dizaines de milliers de pages seraient bloquées par erreur. Seuls six fournisseurs d’accès mineurs ont accepté de participer à une phase de test.
Face à cette opposition et aux nombreuses lacunes techniques du projet, ce dernier est sans cesse repoussé.

uk.jpgRoyaume Uni
Alors que le pays était bien parti pour adopter la riposte graduée, il a soudainement fait volte face. Le gouvernement britannique a annoncé qu’il était hors de question de couper l’accès à Internet aux abonnés qui téléchargent illégalement. "Nous ne pouvons pas avoir un système dans lequel on parle d'arrêter des adolescents dans leur chambre à coucher", a en effet tranché le ministre britannique en charge de la propriété intellectuelle, David Lammy (photo ci-contre), dans un entretien accordé au Times.
Ce qui n’empêche pas le Royaume Uni de disposer d’un système de filtrage des sites indésirables. Ce travail est fait par l’Internet Watch Foundation (IWF), qui est chargé de surveiller et de rapporter les contenus en ligne illégaux (principalement la pédophilie).
Ce système a engendré une belle panique en décembre dernier. La IWF avait signalé une page Wikipédia publiant la photo de l’album de Scorpions, Virgin Killer, mettant en scène une (très) jeune fille nue. Aussitôt la page a été interdite. Problème, cela a empêché tous les internautes anglais de mettre en ligne ou de corriger du contenu sur Wikipedia (explications ici). Le même problème a eu lieu au Qatar quelques mois plus tôt.

Ils légifèrent

drapeau_suedois.jpgSuède
Le Parlement suédois a voté un texte qui vient durcir la législation contre le piratage sur Internet. La loi stipule que tout ayant-droit soupçonnant un internaute de l’avoir piraté pourra obtenir du tribunal son adresse IP via le fournisseur d’accès -FAI- (jusqu’ici, seuls la police ou un procureur pouvaient faire une telle demande). Le pirate, s’il est reconnu coupable, pourra recevoir une simple lettre d’avertissement ou écoper d’une amende. La coupure d’accès à Internet n’est pas prévue.
Les internautes et les citoyens suédois sont contre cette loi, et s’organisent autour du mouvement Stoppa IPRED.


Ils sont contre

allemagne.gifAllemagne
« Je ne crois pas qu’Olivennes soit un modèle pour l’Allemagne, voire pour toute l’Europe ». La ministre fédérale de la justice, Brigitte Zypries, ne mâche pas ses mots face à la riposte graduée à la française. Selon elle, ce système va à l’encontre des dispositions locales de protection des données et au secret des télécommunications. «Je pense que le blocage de l’accès à Internet est une sanction tout à fait inacceptable. Elle serait, constitutionnellement et politiquement, très difficile», a déclaré Brigitte Zypries.

norvege.jpgNorvège
Le ministre de l’Education et de la Recherche norvégien, Bard Vegar Solhjell, est en faveur de la légalisation du peer to peer, et la mise en place d’un système de licence globale.

Sur son blog, le ministre rappelle que "tous les progrès technologiques ont engendré des craintes sur la survie de l'ancien format. Mais la télévision n'a pas tué la radio, le Web n'a pas tué le livre, et le téléchargement ne va pas tuer la musique". "Au contraire", assure-t-il, "le Web est génial pour la diffusion de la musique et des autres arts. Les artistes peuvent plus facilement faire connaître leurs oeuvres, et vous pouvez accéder à toute la musique du monde quand vous le souhaitez. C'est fantastique !"

En France, le débat sur la loi Hadopi reprendra mardi 31 mars à l'Assemblée Nationale.

13/01/2009

Retour en arrière : quand Lycos était un acteur majeur du web

 

lycosDog.jpg

 

En faisant mes recherches pour la note précédente sur le web d'il y a 10 ans, je suis tombée sur une dépêche Reuters datant de 2000 concernant Lycos.

Rappel pour les djeuns échevelés qui sont venus se perdre ici. A la fin des années 1990, Lycos était un acteur majeur du marché. Son portail écrasait tout sur son passage (numéro 1 en Europe, devant MSN), et le labrador à la grosse truffe humide qui lui servait de mascotte était aussi connu que la blonde d'Alice aujourd'hui. Lycos disposait d'un atout de poids : le chat Caramail. Car à l'époque, peu de gens se servaient des messageries instantannées. On préférait se retourver sur un chat public, ou partir à la découverte de nouvelles rencontres ...

Ce rappel étant fait, nous pouvons désormais rire de cette dépêche croquignolette :

 

Lycos, le nouveau géant du Web européen

Le rachat de Multimania n'est qu'une étape de la formidable croissance de Lycos Europe. Derrière le chien noir, mascotte de Lycos, se cachent en fait l'opérateur espagnol Telefonica et le groupe multimédia allemand Bertelsmann.

Frantz Grenier (avec Reuters) , 01net., le 03/11/2000 à 11h30

Où s'arrêtera Lycos Europe ? Désormais numéro un sur l'Ancien Continent, ce réseau des réseaux affiche un palmarès qui parle de lui-même : 1 milliard de pages vues par mois, 21 millions de visiteurs uniques et 10 millions de membres.

Un résultat étonnant quand on connaît les débuts de cette filiale européenne, montée en 1997 grâce à accord capitalistique avec l'allemand Bertelsmann. Pâle copie de son géniteur américain, Lycos Europe a longtemps souffert de la comparaison avec son aîné.

Avec seulement deux ans d'avance sur son avatar européen, le Lycos américain pouvait se targuer de la quatrième place des réseaux d'audience (derrière AOL, Yahoo! et Microsoft) et s'était constitué un réseau performant comprenant WhoWhere, HotWired, Wired News, Webmonkey, Quote.com, Gamesville.com, Matchmaker.com, Sonique, Hot Bot et Angelfire. (des sites plein d'avenir)

Dans le même temps, les services de Lycos Europe se bornaient à un moteur de recherche, à l'hébergement de pages personnelles avec la communauté Tripod, et au service d'accès Comundo. (idem)

Mais tout s'est accéléré depuis la cotation de l'entité européenne au Neuer Markt allemand, en mars 2000. Lycos Europe a enfin eu les moyens financiers de ses objectifs. Mais, surtout, la société possède désormais deux actionnaires ambitieux parmi les plus puissants groupes de l'économie Internet européenne.

Ainsi, le rachat de Lycos INC par Terra Networks, filiale Internet de l'opérateur espagnol Telefonica, annoncé en mai dernier, a donné un coup de fouet à l'entité européenne. Avec Lycos Europe, dont il détient désormais 29 %, le groupe espagnol est désormais de taille à affronter les acteurs en place, notamment le fournisseur d'accès de Deutsche Telekom, T-Online, Wanadoo, et également les groupes américains AOL et Yahoo!.

700 millions d'euros en trésorerie

Surtout, Lycos Europe peut désormais compter sur des synergies plus étroites avec Bertelsmann, son deuxième actionnaire de référence (à 18,1 %). Le groupe allemand, obligé de se désengager d'AOL Europe à la suite de la fusion AOL Time Warner, sous la pression de la Commission européenne, peut enfin donner toute son attention à Lycos Europe. Bertelsmann n'a d'ailleurs pas tardé à réagir, en s'engageant à verser 110 millions de Deutsch Mark à Lycos sur deux ans pour proposer ses contenus et ses sites marchands sur le réseau européen de Lycos.

L'objectif désormais claironné par les dirigeants est simple : Lycos devra, au pire, être sur le podium des sites d'audience dans chacun des pays couverts par le réseau. (AHAHAH) Première conséquence  : fin septembre, Lycos Europe mettait la main sur le portail suédois Spray et ses 6,5 millions de visiteurs uniques pour 674 millions d'euros.

Aujourd'hui, c'est au tour de Multimania d'être emporté par cette vague d'expansion pour 222 millions d'euros. Lycos France, avec Lycos.fr, Multimania, mais aussi Spray et Caramail, devient numéro deux en termes de taux de pénétration en France, juste derrière Wanadoo.

Mieux, pour enrichir son réseau, Lycos prévoit d'implanter en Europe le site communautaire Angelfire, le moteur de recherche HotBot, ainsi que la société Sonique qui propose le player MP3 éponyme. (ah, le web de l'an 2000 !)

Mais cela sans pour autant abandonner sa stratégie de croissance externe. Après le rachat de Multimania, Lycos Europe entend poursuivre sa stratégie d'expansion en Italie et en Grande-Bretagne. Les analystes estiment que Lycos Europe dispose d'un trésor de guerre de 700 millions d'euros (4,6 milliards de francs) pour d'éventuelles acquisitions.

Lycos Europe fera sûrement encore parler de lui dans les prochains mois. (A n'en pas douter)

23:18 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : lycos, web, caramail

La machine à remonter le temps du web

Ah, le bon vieux temps du bas débit ! Rappelez-vous, 1996, les balbutiements du web. A l'époque on ne jurait que par Yahoo, Netscape pensait encore pouvoir concurrencer Internet Explorer, Infonie était un des principaux fournisseurs d'accès, et n'importe quel surf digne de ce nom débutait par Lycos, notamment pour le chat Caramail (où tous les ados de l'époque sont allés draguer). On ne se connectait que quelques minutes, car les abonnements internet se faisaient au forfait temps, comme les mobiles. Le modem grésillait, et il fallait plusieurs minutes pour se connecter. Mais surtout, les premières "pages personnelles" fleurissaient avec un design des plus discutables, des gifs animés de partout, des couleurs criardes, des musiques au format midi ... 

Les plus nostalgiques iront donc télécharger de ce pas le plugin Timemachine pour Firefox. En quelques clics, il vous transforme n'importe quel site 2.0 digne de ce nom en un cauchemar de graphiste web, avec des sapins de Noël lumineux en sus. Comme au bon vieux temps.

s01.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s07.png

Totalement geek, donc totalement indispensable.

 

L'auteur de cet article a laissé tourner la musique du site Timemachine pendant toute la phase de rédaction. Elle est désormais folle à lier.

 
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