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14/05/2009

DS : l'effet pervers du casual gaming

 

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Le site Gamekult a publié hier un excellent article sur les ventes de jeux DS en France. Alors que les ventes de la console cartonnent toujours autant, on ne peut pas en dire autant des ventes de jeux : la baisse serait d'un tiers sur la période septembre-décembre 2008, par rapport à l'année dernière.

Je ne vais pas paraphraser l'article (allez donc le lire, il est très complet), mais en voici ses principaux points.

Avec la DS, les éditeurs ont déniché ce qu'ils pensaient être le grand filon : le casual gaming, et son pendant le casual gamer. En d'autres termes, des jeux crées pour des non-joueurs, qui ne demandent pas beaucoup d'investissement, et au principe de jeu simple. Peu onéreux à produire, ils rapportent beaucoup aux éditeurs. C'est ainsi que les rayons ont été envahis par des cohortes de Léa Passion Gâteaux, J'élève mon raton-laveur, et autre J'apprends le swahali tout en révisant mon code de la route. 

Seul problème, le joueur occasionnel n'achète pas autant que prévu. Résultat, des stocks immenses s'accumulent, les éditeurs refusent de les reprendre pour ne pas aggraver leur bilan, et les linéaires sont bouchés. Deuxième effet kiss kool, il n'y a plus de place pour les nouveautés et les jeux réellement ambitieux. Les ventes de GTA Chinatown Wars sont ainsi minables (15 000 exemplaires), tandis qu'il est impossible de trouver certains softs comme Suikoden Tierkreis : frileux, les éditeurs préfèrent miser sur un tirage limité des nouveaux jeux.

Sale temps donc pour la DS, qui souffre d'un autre maux : le piratage. Rien de plus simple en effet que de pirater des jeux DS : une carte SD, un adaptateur, une connexion internet, et roule ma poule. Le phénomène est d'une grande ampleur, et touche aussi bien les gamers que les joueurs occasionnels.

Certains penseront que c'est un juste retour des choses. Le casual gaming, et l'ouverture du jeu au grand public dans son ensemble, passe plutôt mal dans le milieu des joueurs. Beaucoup pensent que Nintendo s'est trahi en misant plus sur du Wii Fit que sur un nouveau Zelda. Mais cette affaire souligne la grande illusion née avec l'avènement de la DS et de la Wii : non, le joueur occasionnel n'est pas devenu un joueur à part entière. Le joueur occasionnel continue d'acheter sa DS pour un jeu, qu'il abandonne aussi vite qu'il a craqué dans les linéaires de la Fnac. Le joueur occasionnel continue de sortir son Cooking Mama une fois tous les deux mois, quand il y pense. Non, le joueur occasionnel ne s'est pas penché vers d'autres jeux autres que ceux taillés pour lui. Non, le joueur occasionnel ne s'est pas frotté au gamer.

Mauvaise pioche, messieurs les éditeurs. 

 

Photo : Deux petites filles jouent à la DS dans le métro de New York. Crédit : Vineus, Flickr, Licence Creative Commons

 
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