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02/11/2009

Au Lille Comics Festival ...

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Ce week end s'est tenu à Lille la quatrième édition du Lille Comics Festival, à la Halle aux Sucres. Des milliers de passionnés se sont réunis durant ces deux jours de convention autour des incontournables vendeurs de comics, conférences, et de la présence d'auteurs internationaux (essentiellement anglais et américains) pour des séances de dédicaces. Parmi les grands noms présents à Lille, Michael Golden, de la Marvel...

La taille humaine de l'évènement permet à quiconque d'obtenir la précieuse signature, ou mieux encore, un dessin personnalisé, moyennant finances (35€ pour un dessin de Phil Windslade, qui réalise le dessin de votre choix). La joie et l'émotion était palpable parmi les passionnés, pochette à dessin entre les mains. Damien, dit Wolfie, fan de Wolverine -la ressemblance physique est troublante-, montre avec des yeux d'enfants les dessins de son idole. "Avant je me moquais gentiment de ceux qui s'extasiaient devant leur autographe, mais maintenant je comprends. Il s'est passé un truc ce week end. On m'a fait un dessin rien que pour moi, signé pour moi ... Et il y a eu un vrai échange avec l'auteur. Je ne m'attendais pas à ça en venant ici".

Un peu plus loin, un homme discute face à un stand de magnifiques bustes de Dexter, Clint Eastwood, ou Wolwerine (oui, encore lui). Un revendeur ? Non, un artiste ! Chlouis, originaire de La Madeleine, expose ses créations au salon. "Je ne suis pas venu ici pour vendre, mais pour me faire connaître. Ca marche plutôt bien !". Chlouis vend ses sculptures sur internet, pour un prix très raisonnable par rapport au reste du marché : de 50 à 100€ le buste. Assez timide et très modeste, il peut compter sur ses amis, qui n'hésitent pas à faire sa réclame auprès des visiteurs. "C'est un vrai artiste, il a un talent fou !"

Les conventions sont aussi l'occasion de rencontrer des passionnés purs et durs, incollables sur leur sujet. Fred Triglia, "grand ado de 34 ans" comme il se définit lui-même, édite des comics à Limoges. Son crédo ? Les premières séries de super héros, issues du "Golden Age" (années 50). Il n'hésite pas à expliquer au profane, en vrac, les comics de cette époque, la censure qu'ils ont engendrés pendant près de 30 ans (le Comics Code de 1954, qui édulcore le contenu des bandes dessinées), l'interdiction de la vente de comics en France après guerre pour propagande et concurrence déloyale envers la BD franco-belge, la véritable histoire de Roméo et Juliette ou la vie amoureuse de Spiderman. Impressionnant. Et ce n'était qu'une toute petite partie de la richesse du salon. Vivement la prochaine édition.

 

Et pour en voir plus, regardez notre diaporama photo

29/05/2009

La politique 2.0 à la française, révolution ou gadget ?

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Nathalie Kosciusko-Morizet est très active sur les réseaux sociaux (ici, Twitter)


Les réseaux sociaux sur internet, de type Facebook, semblent séduire les hommes politiques depuis quelques mois. La raison ? Barack Obama, et sa campagne web 2.0 très élaborée.  Mais aussi séduisante qu'elle puisse paraître, la politique 2.0 n'est pas adaptée à la culture politique française, rétive aux nouvelles technologies. (Article réalisé en mars dernier pour l'ESJ. Chiffres mis à jour)

« Laurent se détend devant Dr No », « Benoît enrage de ne pas avoir croisé la route d'ACDC hier soir ». Deux jeunes qui mettent à jour leurs statuts Facebook ? Pas tout à fait. Derrière Laurent et Benoît se cachent Laurent Wauquiez, secrétaire d'état à l'emploi, et Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste. Les politiques français se mettraient-ils au web ? « Facebook permet aux politiques de se créer une image jeune et branchée » explique Thierry Crouzet, auteur du Cinquième pouvoir, qui analyse comment Internet a changé la manière de faire de la politique.

Faut-il rappeler l'incroyable histoire de Facebook, site créé par des étudiants d'Harvard en 2004 pour communiquer entre eux et qui connecte depuis plus de 100 millions de personnes à travers le monde ? Après avoir séduit les étudiants et les jeunes adultes, le site commence à intéresser les politiques de tous bords. Nathalie Kosciusko Morizet, en charge de l'économie numérique au gouvernement, poste régulièrement des photos de ses déplacements officiels sur sa page. Ses amis y sont même invités à voter pour son meilleur portrait manga, réalisé par des dessinateurs japonais lors de son déplacement à Tokyo. Nicolas Sarkozy n'est pas en reste. Le président ne dispose pas de profil personnel, mais d'une page de supporters supervisée par Vincent Ducrey, en charge à 31 ans des intérêts du chef de l'état sur ce réseau. « Facebook est un formidable outil de socialisation, de mobilisation et d'information. Il n'y a pas mieux pour un homme politique » confiait-il au Figaro il y a un mois. Pas question cependant d'y mettre n'importe quoi. Vincent Ducrey veille à ce que la page reste « propre », sans insultes vis-à-vis du président.

Révolution 2.0 au Modem ?

L'explication de cet intérêt soudain pour le web ? Barack Obama. Le président américain a prouvé qu'on pouvait remporter une élection en mobilisant les outils Internet. Son équipe de campagne a mis au point un site de socialisation de type Facebook (my.barackobama.com) pour permettre aux militants de communiquer entre eux. Site créé par Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook... Informations de campagne (meetings, spots télévisés), mais surtout organisation d'équipes militantes regroupées par zones géographiques ou thèmes de campagne étaient au cœur du site. Les militants y retrouvaient des kits de campagne comprenant affiches, programmes, et listes de numéros pour faire du démarchage téléphonique. Ils n'étaient toutefois pas libres de faire n'importe quoi. Deux mille sept cents salariés et cinq milles bénévoles étaient chargés d'encadrer cette véritable armée de militants, avec le succès que l'on connaît.


De quoi aiguiser l'appétit des politiques français pour les prochaines échéances électorales. L'UMP a mandaté le cabinet Isobar pour créer un site similaire en vue des élections de 2012. Le Modem lui a déjà mis en place ses propres réseaux sociaux. Dévoilés la semaine dernière lors d'une conférence de presse à Paris, les sites Lesdémocrates.fr et forumdémocrate.fr présentent de fortes ressemblances avec my.barackobama.com. Le forum démocrate est un outil à destination d'une communauté d'adhérents, qui va trouver tous les outils nécessaires à son action de militant : son agenda, des infos sur l'unité locale à laquelle il appartient, la possibilité de communiquer avec les autres adhérents, etc. Quant aux démocrates.fr, c'est un simili Facebook où les internautes peuvent créer leur blog. « En une semaine, cinq cents profils ont été crées, et deux cents blogs mis en ligne », explique Nicolas Voisin, le responsable du site.


Révolution 2.0 au Modem ? « Un média social est fait pour changer la philosophie de la communication politique habituelle. Elle vise à projeter des messages descendants, depuis une autorité, jusqu'à des personnes intéressées. Le média social, c'est le contraire, on développe un réseau, une communauté, qui vient chercher des infos, des analyses, échanger avec d'autres, et apporter des idées », a souligné François Bayrou lors de la conférence. Une réflexion qui rappelle celle de Thierry Crouzet, qui a conseillé Bayrou en 2007 sur les stratégies web. « C'est une manière de faire exploser la structure pyramidale qui prévalait jusqu'alors entre les hommes politiques et les électeurs. Un personnage très connu peut ainsi devenir individuellement « ami » avec des milliers d'inconnus et mobiliser de nouveaux soutiens. C'est l'outil de buzz idéal. Mais s'ils oublient l'idée de pair à pair, elle risque vite de leur revenir dans la figure. Si un politicien peut informer son réseau, les membres du réseau peuvent informer le politicien, ils peuvent même exercer de terribles pressions sur lui. »

Une France prête techniquement, mais pas culturellement

Malgré quelques timides efforts, les politiques français sont encore clairement à la traîne. 6 308 085 supporters pour Barack Obama sur Facebook. 111 763 pour Nicolas Sarkozy, juste devant le gouverneur de Californie Arnold Schwarzeneger (68 126) mais loin derrière Sylvio Berlusconi (130 144). Et que dire face au score de Leonardo Farkas, milliardaire de 40 ans candidat aux élections présidentielles de 2010 au Chili, qui a rassemblé 310 855 supporters, ce qui fait de lui le cinquième homme politique le plus populaire sur Facebook ? La France est prête techniquement à la révolution web (34 millions d'internautes en décembre 2008, un foyer sur deux connecté à Internet), mais pas culturellement. « Les militants ne comprennent pas le web. Ils sont uniquement motivés par la possibilité de monter dans l'échelle du parti et d'y faire carrière. Les jeunes ont compris les enjeux, mais ils ne peuvent pas se faire entendre. Les partis sont sclérosés, et les pratiques sont anciennes, comme aller sur le marché, alors que des études ont prouvé que c'était inefficace ! », assène Fabrice Epelboin, responsable du site Read Write Web France, et consultant en stratégie web pour les entreprises. « C'est la même chose pour les partis. Les dirigeants, en place depuis vingt ans, ne comprennent pas eux non plus le web. Pour la plupart, ça reste du gadget. » Alors qu'il était mis à jour quasi quotidiennement lors de la campagne pour l'élection du premier secrétaire du Parti Socialiste, le profil Twitter (autre outil de socialisation) de Benoît Hamon a vu son rythme de publication bien ralenti ... avant de reprendre à l'approche des européennes. La politique 2.0 à la française est encore au stade embryonnaire.

Chloé Woitier et Roxane Pour Sadjadi

22/03/2009

Quand la Wii sert à la création artistique

A première vue, on pourrait croire qu'ils ne font que jouer. Antoine, Michel, Jean-François et Juliette s'activent sur Wii Sport et Wii Fit dans une salle au deuxième étage de la Maison Folie Wazemmes de Lille. Les garçons jouent au tennis ou au bowling, Juliette elle fait du step.

Regardez-les

On s'amuse certes, mais pas pour rien. Béatrice Balcou, plasticienne, danseuse et chorégraphe, observe ce beau petit monde avec l'aide de sa caméra numérique. Car malgré les apparences, nous sommes ici en pleine création artistique.

"Je travaille en lien avec l'association lilloise l'Entorse, qui veut créer un lien entre art et sport lors des Quinzaines de l'Entorse. Ici, on travaille à partir de la Wii pour produire quelque chose de nouveau, même si on ne sait pas encore vraiment quoi. On observe. Mais je suis intéressée par la problématique du corps qui essaye d'être dans le virtuel, tout en restant bien ancré dans le réel".

C'est ainsi que l'atelier Wii a été mis en place pendant une semaine (du 28 février au 7 mars) à la Maison Folie Wazemmes. La plasticienne a fait appel à des non-joueurs pour venir s'essayer à la Wii et observer leur comportement. Huit personnes se sont portées volontaires, de la jeune étudiante au retraité. L'ambiance est bon enfant, et le petit groupe, très hétéroclite, semble beaucoup s'amuser.

Après leur séance de Wii, Béatrice Balcou demande aux joueurs, face caméra, de lui décrire leur expérience de jeu. Quelle différence entre son propre corps et le corps virtuel ? Comment a-t-on ressenti le fait de voir ses mouvements retranscrit à l'écran ? 

"L'avatar ressemble à un Lego, mais mon corps ne ressemble pas à un Lego. Il n'a pas de bras, il a les mains qui flottent, comme Rayman ! Je lui ai mis des cheveux en pique pour faire cool, mais il ne me ressemble plus trop !", plaisante Antoine, 21 ans.

Deuxième exercice, la plasticienne demande aux joueurs de faire semblant de jouer à la Wii, en reproduisant les mêmes gestes. Si la console n'était pas éteinte, on pourrait presque croire que nos quatre cobayes sont réellement en train de jouer ...

Quel va être le résultat final ? "On ne sait pas encore, on se donne le temps de réfléchir. Mais j'aimerais beaucoup transformer ça en dessin animé. Je travaille en collaboration avec un graphiste", explique Béatrice Balcou.

Et nos joueurs, que pensent-ils de tout ça ? D'ailleurs, jouaient-ils à la Wii avant cet atelier ? Michel nous explique qu'il n'était pas du tout attiré par la Wii au premier abord.

podcast

Tout comme Michel, Antoine n'avait jamais vraiment joué à la Wii, mais il ressort de cet atelier plutôt enthousiaste.

podcast

L'atelier s'est terminé le samedi 7 mars. Quant au résultat de cette création, "ça sera peut-être en 2010", sourit Béatrice Balcou.

 

Article de la Voix du Nord sur l'association l'Entorse

 
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