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20/10/2009

A la rencontre de Pinky Poodle Doodle

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Petit évènement à Lille jeudi dernier. Le café concert La Rumeur (Lille Moulins) accueillait un groupe de rock japonais, Pinky Doodle Poodle (dit PDP). Ce n'est pas tous les jours que nos amis nippons se déplacent jusqu'à nous ... PDP est encore un jeune groupe, né en 2007, mais qui a vraiment commencé à se faire connaître en 2008 grâce à leur Myspace. Le groupe a sorti un maxi CD au Japon, et a fait de même en Europe : le concert de Lille étant en effet lié au lancement du disque européen. Première visite en Europe pour le groupe, composé notamment de Yuria, compositrice de chansons pour des animes ou des jeux vidéo (assez olé olé) japonais. Un style pop "japoniais" qui tranche avec les grosses guitares de PDP.

 

 

 

Le concert a attiré une cinquantaine de personnes, essentiellement des étudiants en japonais de Lille 3. J'ai eu la chance de pouvoir interviewer le groupe avant son entrée en scène. Ambiance très détendue, malgré l'absence du traducteur promis : tout se fera en anglais ! Voici la retranscription.

 

C'est votre tout premier concert en France. Comment vous sentez-vous à quelques minutes de votre entrée en scène ?

Nous sommes très impatients, c'est notre premier concert ici ! On a hâte !

 

Comment PDP est né ?

George, Kayaki, et moi, Yuria, nous sommes amis. Nous voulions faire un groupe de rock cool, mignon, mais hard ! Et on l'a fait l'année dernière. Notre batteur Futoshi est très occupé, donc il ne fait pas partie de notre groupe à temps plein, mais on aimerait bien le garder !

 

MySpace vous a permis de vous faire connaître. Comment cela s'est passé ?

Des amis à nous avaient une page MySpace, et c'était vraiment pas mal. Quand on a crée notre groupe, on a tout de suite voulu faire notre propre page. On a eu rapidement beaucoup d'amis. Mais on voulait surtout que notre musique soit écoutée à l'étranger. Et pour ça, MySpace c'est génial.

 

C'est votre première tournée en Europe. Vous aviez prévu depuis longtemps de venir ici ?

Quand on a crée le groupe, on a tout de suite voulu aller en Europe. On a espéré, croisé les doigts ... Mais grâce à Ramen Events [société organisatrice belge , se charge de la promotion d'artistes japonais en Europe], on a pu avoir quelques dates en Europe. On espère être célèbres ici, car on adore l'Europe ! George a une voiture française, une Renault ! En fait, tous les membres du groupe ont une voiture européenne (rires). George et Kayaki sont déjà venus en Europe, mais pour moi et Futoshi c'est la première fois ! Hier soir, je suis arrivée en Belgique, aujourd'hui je suis en France, c'est très beau, j'adore les maisons !

 

Vous espérez donc revenir rapidement ?

Oh oui, et surtout rester encore plus longtemps pour faire plein d'autres concerts !

 

Yuria, vous êtes connue pour avoir composé des chansons dans le milieu de la japanime et du jeu vidéo. ces univers musicaux très pop n'ont rien à voir avec PDP ...

C'est vrai, mais j'aime les deux. J'ai toujours eu un groupe de rock quand j'étais au lycée. J'adore jouer de la guitare ... En fait, dans le monde de l'animation, il y a plein de producteurs, qui vous disent sans cesse "tu dois faire ça ou ça". On vous passe commande. Tandis qu'avec PDP, je suis libre de faire ce que je veux ! Nous voulons vraiment faire ce que nous voulons ... Désolé mon anglais n'est pas très bon ! Je prends des cours ! Mais j'adorerais parler français, c'est une très belle langue (George ajoute "mais c'est difficile!"). Oui ! Super dur  ! Hier on m'a parlé dans un français super simple, mais j'ai rien compris et je n'ai rien pu dire ! C'est très dur pour des japonais. Tout ce que je sais dire, c'est : bonjour, bonsoir, merci et .... (George : "ca va") Ca va !! (rires)

 

Quels sont vos projets pour l'avenir ?

Nous voulons faire une tournée mondiale ! (rires)

 

Arigato gozaimasu ! (merci beaucoup)

(surprise puis rires) Arigato gozaimasu !

 

Merci beaucoup à Yuria d'avoir répondu à mes questions malgré son anglais hésitant, et à Ramen Events d'avoir organisé cette rencontre.

08/04/2009

"La loi Hadopi mourra d'elle-même"

 

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Vincent Glad, journaliste à 20minutes.fr, a suivi une grande partie du débat sur Hadopi à l'Assemblée Nationale. Il a bien voulu répondre à quelques questions sur cette loi, adoptée la semaine dernière par l'Assemblée, et passée hier entre les mains de la Commission Mixte Paritaire.

Le vote à main levée jeudi dernier de la loi Hadopi dans une Assemblée quasiment vide, a fait beaucoup de bruit sur le web. Selon Vincent Glad, si cette loi n'est pas passée par le vote solennel, c'est tout simplement car elle considérée comme mineure.

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Pour autant, les débats, qui intéressaient essentiellement les spécialistes, ont été de bonne qualité, sans aberrations techniques, sauf ... du côté de la ministre de la culture Christine Albanel.

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Christine Albanel avait promis qu'Hadopi pourrait envoyer jusqu'à 10 000 mails par jour en vitesse de croisière. Une "blague", totalement inapplicable, tout comme la loi qui mourra d'elle-même.

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Retour sur une nouvelle disposition de la loi : les internautes ne seront pas punis pour avoir téléchargé, mais pour ne pas avoir protégé leur connexion. Un "artifice législatif pour avoir moins de contentieux légaux". 

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La loi implique des connaissances techniques élevées, qui vont pénaliser le grand public et les téléchargeurs occasionnels. "Cette loi renforce la fracture numérique".

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De nombreux gouvernements dans le monde ont fait machine arrière, alors qu'ils souhaitaient légiférer sur la riposte graduée. Seule le gouvernement français s'est obstiné :  Nicolas Sarkozy s'était engagé en 2007 de traduire dans la loi les accords Olivennes.

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Le gouvernement cherche à changer les mentalités des internautes en développant le téléchargement légal. Mais selon Vincent Glad, cette loi arrive trop tard : les internautes français sont habitués à télécharger depuis presque dix ans.

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Photo : Rassemblement anti Hadopi le 12 mars dernier, par Richard Ying

27/02/2009

Fanny : "J'ai toujours eu l'impression de devoir justifier ma passion aux autres"

l'engloutissement de reve.JPGAu programme de l'interview de la semaine, Fanny, 26 ans, joueuse invétérée. Capable de jouer des heures d'affilée, même avec 38° de fièvre, cette jeune femme rigolote qui n'a pas la langue dans sa poche affiche haut et fort sa passion pour les jeux vidéo, les mangas, et Internet. Rencontre avec une autre geekette.

Quelques mots pour te présenter ?

Fanny, alias Pandemonium ou Pandinette. 26 ans. Un joli Deug de droit dans la poche.

Pour toi, c'est quoi un geek ?

Comme c'est devenu super tendance d'être geek, on nous en sert à toutes les sauces, ça devient difficile de donner une définition. Pour moi, ca reste un passionné, dans les nouvelles technologies essentiellement, les jeux surtout, la SF un peu aussi. Ca reste quelqu'un avec des goûts un peu en marge du reste du monde (même si, comme je l'ai dit au début, c'est devenu méga tendance d'être geek)

Et toi, en quoi tu te sens geek ?

Parce que je réponds à tous les critères pré-cités ! Depuis que je suis gamine, j'ai toujours été passionné par les ordinateurs, les jeux vidéo et la science fiction. J'ai mon petit coté no life aussi. Rien ne vaut une bonne rigolade sur MSN ou une partie de jeu en ligne pour déconner un coup. Mais c'est pas moi qui me sens spécialement geek, c'est plutôt le reste du monde qui te catalogue comme ca. C'est quand on m'a dit  « mais t'es une vraie no life » que j'ai compris que j'avais certainement un petit coté geek. Et surtout quand j'ai compris que je préférais dépenser mes sous dans les magasins de jeux video plutôt que chez H&M !

Quand as-tu commencé à jouer ?

Quand j'ai eu ma première grand histoire d'amour. J’avais 16 ans et j'avais réussi à ce qu'il m'offre une Playstation. On a connu plus romantique comme cadeau ! Ensuite, la machine était enclenchée, dès que  j'avais un peu d’argent, je me payais un jeu. C'était beaucoup moins cher que maintenant. Il a fallu que mon père me force à faire les magasins pour m'acheter des fringues ! Quant au maquillage, c'etait hors de question : du fric dépensé pour rien. Forcement, il y avait un décalage certain entre moi et les autres filles. Seize ans, ca reste l'âge où on pense essentiellement aux mecs et à sortir en boite. Moi je pensais à Resident Evil, Spyro et Final Fantasy 7.

Ton côté gameuse est donc venu "sur le tard", contrairement à d'autres qui sont tombés dedans  tout petits?

Gamine, j'ai eu ma petite Master System avec Alex Kidd, son fameux hambuger de fin de niveau, Sonic et Tetris. Je sentais bien un truc mais mes parents ont toujours refusé d'acheter une autre console. Du coup, je jouais sur la Super Nintendo de mes cousins. Il a fallu la Playstation et surtout le tout premier Resident Evil. Je me souviens, je devais avoir 15 ans, je suis allée chez un copain et Resident Evil tournait. Et là : la révélation. Il me fallait ce jeu. Apres l'engrenage s’est enclenché, les RPG, les jeux de plateforme, un PC rien qu'a moi, les débuts d'internet et du 56k, la découverte des animes. Donc oui, c'était sur le tard. Je ne suis pas une vraie hardcore gameuse en somme. Cela dit, je pense que je me suis bien rattrapée par la suite …

C'est quoi ton meilleur souvenir geek ?

Final Fantasy 7 incontestablement. Ce jeu est une perle, un bijou à l'état brut. Jamais quelque chose ne m'avait entrainé aussi loin, aussi fort. Tout est là, le scénario, les personnages, les musiques. C'est grâce à FF7 que j'ai découvert les RPG et tous ces univers si prenant. Jamais jeu ne m'aura autant marqué par sa profondeur, ses réflexions, son système de combat. Rien que d'écrire je me revois encore tellement de scènes marquantes, la vérité sur le bonhomme en bleu, les  coups de pressions de la course poursuite sur le pont pour la sortie de Midgar. Non, définitivement, la découverte de FF7 restera mon meilleur souvenir de geek, et ca fait 11 ans que ca dure.

Et le pire souvenir?

J'en ai deux en fait. Le premier est Final Fantasy 10-2. J'avais beaucoup aimé FF10, j'avais trouvé la fin extrêmement touchante, tellement touchante que j'avais presque versé ma larme (en vérité je l'aurais versé mais je me suis retenue). Quand on m'a annoncé la suite, j'étais plutôt contente et puis, j'ai vu le trailer. Et là, le drame. Comment peut-on transformer une héroïne touchante et attachante en pouffiasse avec ses deux copines en string ? Là vraiment je ne comprends pas. Tout était pourri, du début à la fin du soft. Un très très très très mauvais souvenir.

Le second, je vais en faire hurler certains et certaines, mais ca reste Final Fantasy 12. J'attendais énormément de ce jeu, je suis allée l'acheter en avant première dans un célèbre disquaire libraire a minuit, le debut était plus que prometteur, et puis la déception avec un système de narration qui exclut totalement le joueur. FF12 est passé du stade de THE jeu a celui de jeu sympatoche et ca, c'est atroce à vivre, vraiment.

Est-ce qu'être joueuse te coûte cher ?

Carrément ! Je me souviens du nombre de fois où étudiante, j'ai dû manger des pâtes sans arrêt parce que j'avais craqué sur un jeu, et je ne parle même pas quand je devais changer de pc. Encore, avant j'arrivais quand même a me débrouiller avec les magasins d'occasion ou à 30 euros t'avais un très bon jeu, maintenant c'est 50… forcement ca change la donne. En plus, avec la next gen et les consoles pas données… Mais j'ai la chance de travailler (donc un revenu stable), j'ai la chance d'avoir un compagnon aussi geek que moi qui participe largement aux dépenses et j'ai aussi la chance d'avoir des réductions sur les jeux neufs grâce à mon travail. Donc pour répondre a la question, oui ca coûte super cher d'être joueuse.

Comment as-tu vécu (ou vis) le regard des geeks mâles sur toi, en tant que femme ? Ce n'est pas un peu dur de se faire reconnaître comme légitime dans un milieu qui a longtemps été très masculin ?

Il ne se passe pas une fois quand je vais acheter mes jeux sans que le vendeur me sort un magnifique « c'est pour un cadeau? ». Je me souviens d'une fois où je suis allée faire les magasins avec un copain qui n'y connait strictement rien aux jeux, mais alors rien du tout. On était tous les deux devant l'étal et le vendeur va directement vers mon ami et lui demande « je peux vous aider? » sans même m'adresser un regard. Il a fallu qu’il lui réponde « elle sait ce qu'elle veut, ne vous inquiétez pas » pour qu'il me prenne en considération. Maintenant je trouve ça rigolo. En règle générale, les geeks sont pas contre les filles, au contraire, il suffit de montrer qu'on a joué à des jeux cools et ca passe tout seul. Maintenant, c'est même moi qui les aide quand ils ont des problèmes sur leur PC. Comme quoi, nous les filles, on sait quand même mieux se débrouiller que les mecs ! En fait, ce qui est vraiment difficile, c'est pas d'être acceptée par les geeks, c'est le reste du monde en fait.

Tu peux détailler ?

Les gens sont restés bloqués sur des idées préconçues. Pour le citoyen lambda, tu dis jeux vidéo, il pense « gamin », « débile », « trucs à la con ». Quand toi tu débarques, fille, pas con, pas moche et que tu lâches que tu aimes les jeux vidéo et internet, ça fait l'effet d'une bombe. Il a fallu que mon père me voit jouer à Silent Hill 2 pour qu'il comprenne que non, les jeux c'est pas pour les gamins, que non les soirées MSN, ça veut pas forcement dire que t'es asocial. J'ai toujours eu l'impression de devoir justifier ma passion aux autres. Avec la démocratisation des jeux, ca change pas mal maintenant (merci la Wii), même si je trouve que les jeux "pour filles" comme Léa passion gâteaux, c'est vraiment réduire les goûts des filles à pas grand-chose.

Justement, tu offrirais quoi comme jeu à une petite fille, pour lui épargner les jeux que tu cites ?

Je vois avec ma niece, elle a 8 ans, je lui ai prêté ma DS (ma belle sœur refuse de lui en acheter une). Il y avait Final Fantasy 12 Revenant Wings dessus. Eh bien ma nièce, du haut de ses huit ans, elle a torché 5% du jeu tout seule. Et elle en redemandait ! Après, je suis réaliste, je ne vais pas lui demander de finir un jeu trop difficile pour son âge, mais un jeu marrant avec des animaux, comme Animal Crossing. Si ca ne tenait qu'à moi, je lui aurais offert la DS avec FF12 Revenant Wings, et je l'aurais mise sur la Playstation devant Spyro le dragon. Des jeux intéressants à tout âge, ils ne révolutionnent pas le monde, mais c'est une bonne passerelle vers le reste.

Et toi, tu joues à quoi en ce moment ?

De la next gen surtout, depuis nos coups de folie avec mon compagnon pour la Xbox et la PS3. En ce moment c'est Fable 2 sur Xbox, Prince of Persia sur PS3 et Star Ocean sur PSP.

Pour finir, une anecdote amusante sur ta vie de joueuse ?

Je me souviens, je jouais à FF7. A un moment, il faut trouver un objet nommé harpe lunaire. Pour se faire, on doit engager des archéologues pour faire des fouilles. Ca coûte de l'argent. J'étais au téléphone avec le frère d'une copine qui avait déjà fait ce moment là. Je me plaignais du fait que moi je ne trouvais pas la harpe, et juste au moment où je dis « mais j'y arrive pas, j'ai plus de sous en plus, ca coûte ces conneries ! », mon père passe devant ma chambre et se met à crier « ouais! Et c'est encore moi qui vais payer!!! ». Qu'est-ce que j'ai rigolé quand je lui ai dit que je parlais d’un jeu …

19/02/2009

Loup : "Continuer de voir les jeux vidéo comme un rêve"

peaaach.JPGAu menu de l'interview cette semaine, Loup, alias Alex le serveur (ALS). Sa particularité? Il travaille pour un célèbre site d'information et de tests sur les jeux vidéo. Autrement dit, il teste les jeux vidéo. Le rêve de bien des gamers ...


En quoi te définis-tu comme geek ?

Je ne me reconnais pas spécialement dans le terme de "geek", peut-être tout simplement parce que je n'estime pas avoir les connaissances pointues en informatique que tout vrai geek devrait avoir. Mais j'ai entendu un jour une définition qui me plaisait beaucoup : "si tu sais ce que geek veut dire, alors tu en es un." J'imagine donc que quelque part, je dois être un geek qui n'assume peut-être pas ! C'est vrai que le jeu vidéo occupe une place importante de mes loisirs, mais sûrement grâce au fait de travailler dans le milieu, je pense avoir un regard plus détaché.

Comment tu es entré dans la presse spécialisée ? C'était une envie qui date d'il y a longtemps ou un hasard de la vie ?

Quand j'étais tout petit, je voulais être "créateur de jeux vidéo". Disons que ce n'était pas vraiment ce dont rêvaient mes parents et, en grandissant, il a bien fallu que je comprenne que derrière les jeux, il n'y avait pas une seule personne mais bel et bien une véritable équipe. J'ai donc eu des rêves plus réalistes et j'ai fait des études littéraires, mais je rêvais toujours de travailler "là-dedans", comme un enfant. C'est tout simplement en répondant à une annonce que j'ai été embauché. A vrai dire, lorsque j'ai reçu le mail de convocation, je n'y croyais pas. Lorsque je suis descendu à Paris, je n'y croyais toujours pas non plus, et il m'a fallu quelques jours avant de me rendre compte que le rêve s'était réalisé. Après, quand j'en parlais autour de moi, les gens avaient l'air de trouver ça banal. C'est peut-être là mon côté geek : continuer de voir les jeux vidéo comme un rêve.

En dehors de ton boulot, tu joues à quoi en ce moment ?

En ce moment précis, je joue aux deux épisodes de Viva Piñata sortis sur la 360. Il y a aussi Chrono Trigger qui me fait de l'oeil, mais que je n'ai pas encore acheté. Et j'ai toujours ma DS à portée de main pour pouvoir monter un ou deux Pokémon au niveau 100. Sinon, quand je suis sur mon PC, il y a de fortes chances pour que je joue aux Sims 2 ou à Sim City 4. Et j'organise assez régulièrement des soirées SingStar ou Buzz, car l'une des choses que je préfère dans les jeux vidéo, c'est qu'on peut y jouer à plusieurs.

Ton premier souvenir vidéoludique, c'est quoi ?

Mon tout premier souvenir vidéoludique, c'était le jeu Tortues Ninja sur NES. J'y jouais chez un ami qui avait cette console. Mais le premier vrai souvenir marquant, c'est Super Mario World. J'avais eu la Super Nintendo avec le Super Nintendo Scope, une espèce de bazooka qui ferait pâlir de honte le flingue de la Wii. Et une quinzaine de jours après avoir eu la console pour Noël, j'ai eu Mario pour mon anniversaire. C'était une véritable découverte, une grande aventure pour le petit garçon que j'étais à l'époque. Il m'aura quand même fallu plus d'un an avant d'arriver à battre le boss de fin !

Et ton meilleur moment, celui qui te marque pour longtemps ?

Après Super Mario World, je dirais qu'il y a eu trois temps forts dans mon parcours de gamer : Secret of Mana, Super Mario 64 et Banjo-Kazooie que je range ensemble, et enfin Final Fantasy VII. Tous les trois ont comme point commun de faire vivre une grande aventure au joueur. C'est cette impression de gigantisme qui m'a tout de suite plu. Je me souviens par exemple du moment où j'ai quitté Midgar dans Final Fantasy VII, alors que je trouvais la ville immense. Et là, ce n'était qu'un tout petit morceau du monde. Aujourd'hui, ces jeux n'ont plus le même impact sur les joueurs, surtout Secret of Mana, que je refais en ce moment et qui a terriblement vieilli (et qui, surtout, a été traduit avec les pieds, chose dont je ne m'étais pas aperçu à l'époque). Je suis peut-être un vieux con moi aussi, mais je trouve que les jeux d'aujourd'hui ne parviennent plus à donner cette impression d'immensité, cette envie de parcourir le monde. A tout hasard, je prendrais Final Fantasy XII comme exemple : les développeurs ont clairement voulu bâtir un monde entier, mais pas une seule fois je me suis senti comme un véritable explorateur. En fait, je trouve que les jeux d'aujourd'hui manquent souvent de "sublime", au sens littéraire du terme.

Ta plus grande déception de gamer ?

Ah, très difficile à dire. Je suis souvent très enthousiaste, même si par déformation professionnelle, je me focalise dès les premières secondes sur les défauts des jeux. Mais cela ne m'empêche absolument pas de les apprécier à leur juste valeur. Disons que pour éviter d'être déçu, j'évite de placer trop d'espoir dans tel ou tel titre. Maintenant, c'est vrai que Final Fantasy XII, pour y revenir... Ce n'est pas un échec, mais il n'a pas la grandeur d'âme de ses aînés, c'est plutôt une très jolie coquille un peu vide. Globalement, je suis plutôt déçu par le fait que des titres merveilleux comme Okami ou innovants comme Banjo-Kazooie : Nuts and Bolts n'aient pas eu plus de succès, tandis que les éternelles suites et les jeux de sport déplacent toujours autant les foules.

Comment est ce que tu perçois l'évolution de la (contre)culture geek, et notamment l'ouverture au grand public ?

Je pense que la culture geek, comme toutes les cultures ou les communautés de nos jours, est un peu en train de se perdre. En fait, se réclamer à corps et à cris d'une culture ou d'une communauté est le meilleur moyen de lui faire perdre son identité, et c'est ce qui se passe aujourd'hui, au moment où les gens veulent être ceci ou cela, et se mettent à faire des choses dans ce sens-là "parce que c'est comme ça que ça doit se faire". C'est un peu dommage. Pour moi, c'est la communauté qui te choisit, et pas l'inverse : en faire partie ne doit demander aucun effort. Aujourd'hui, quelqu'un qui a les trois consoles de salon actuelles, un PC à 2000 € et un Ipod peut se réclamer geek, simplement par posture. Alors que ce n'est pas l'équipement qui compte, mais plutôt la façon dont on le conçoit. Pas besoin d'une tonne de gadgets pour être un geek. On l'est, ou on ne l'est pas. Je préférais donc quand être geek était quelque chose de plus élitiste. Cela dit, c'est l'avis de quelqu'un qui ne se sent pas geek...

Parle-nous un peu de ton travail. Etre testeur, concrètement, ca se passe comment ?

Alors concrètement, être testeur, ça veut déjà dire n'avoir aucune reconnaissance sociale. La plupart des gens, pour ne pas dire tous, considèrent que nous sommes "payés pour jouer". Ce n'est pas entièrement faux, mais c'est très réducteur et franchement désagréable à entendre. Le testeur joue aux jeux, mais il effectue également un travail de journaliste et rédige donc des articles (tests ou news). Sans compter que comme tous les journalistes, il vit avec une petite horloge au-dessus de la tête. Pour la presse écrite, il faut tout rendre avant le bouclage. En ce qui concerne les sites Internet, il faut être réactif, rapide et efficace. Un peu comme si c'était le bouclage tous les jours. Heureusement, les éditeurs envoient généralement des copies du jeu avant sa sortie officielle, mais ce n'est pas toujours évident d'être dans les temps. C'est un travail très agréable, mais ça reste un travail : beaucoup de jeunes s'imaginent qu'il suffit de savoir jouer, ou encore que l'on s'amuse tous les jours. Ce n'est pas vraiment le cas, et comme pour tous les autres emplois, on s'amuse davantage avec ses collègues qu'avec son travail.

Une petite anecdote pour finir ?

Je n'ai pas vraiment d'anecdote précise, mais j'adore la façon dont les joueurs s'approprient les aventures des personnages dans les jeux vidéo. Il n'y a d'ailleurs qu'avec le jeu que l'on peut se le permettre. Personne ne revient du cinéma en disant "Et à ce moment-là, j'ai failli me faire dévorer par une araignée géante en haut d'une montagne." Par contre, on entend souvent les joueurs dire "Et à ce moment-là, je lui ai envoyé une boule de feu en pleine face, et je ne l'ai plus jamais revu." Ca donne des dialogues assez amusants, quand on y pense, pour peu que l'on se mette dans la peau de quelqu'un-qui-ne-joue-pas. Je me souviens des discussions interminables au restaurant avec des amis sur nos familles de Sims. Les gens vous regardent bizarrement quand vous dites "J'ai envoyé mon aîné à l'université, mais le deuxième, je l'ai noyé, il était trop moche."

12/02/2009

La Geekette passe à la casserole : interview

Après être passé à la casserole de la Geekette, Jyelka le vieux geek barbu a décidé de faire frire la Geekette au petit jeu de l’interview.

 

Snapshot_20090212_27.jpgD’abord, pourrais tu te présenter un peu ?

Chloé, connu aussi sous le nom d'Eolia sur le net, de Klo dans la vie, de la Geekette aussi. 23 ans. Etudiante en journalisme. Et rédactrice de ce blog !

Pour toi qu’est ce qu’être geek ?

Question difficile ! Être geek, ça regroupe tellement de choses. ca peut être les fans hardcore de Starwars, les accros aux jeux de rôle sur plateau, ceux qui font des jeux de rôle IRL aussi, ça peut être aussi les passionnés de science fiction, les gros joueurs de jeux vidéo, les fous de nouvelles technologies, ceux qui sont capables de coder comme des cadors. C'est très large. Mais je dirai que c'est quelqu'un de passionné dans un domaine qui n'est pas forcément reconnu  comme intéressant (ou légitime, comme dirait notre ami Bourdieu) par le reste de la société

Comment est ce que se manifeste le coté geek chez toi?

Mon côté geek est apparu vers 5 ans, quand ma soeur s'est acheté une Master System. J'ai vite été fascinée par cette machine. Pour mon anniversaire, ma mère m'a offert mon tout premier jeu ... C'est par les jeux que je suis devenue geek. Mais attention, je ne l'ai pas vécu de la même manière que d'autres geeks de la même époque. Jusqu'à mon entrée au collège, je ne lisais pas de revues spécialisées. J'ignorais l'existence de certains jeux. J'avais des jeux sans vraiment savoir ce qu'ils valaient (mais j'avais beaucoup de chance car je n'ai eu que de la qualité !). Je ne sais plus combien de jeux j'ai pu avoir sur Master System, mais mes parents ne voulaient pas m'acheter de Super Nintendo, donc j'y jouais chez des copains/copines. A 10 ans, j'ai économisé pour m'offrir la console, mais elle a peu servi, vu qu'un peu plus d'un an plus tard, mon père m'offrait une Playstation. Car entre temps, la Playstation était devenue à la mode ! C'est au collège que j'ai été la plus "atteinte", je passais mes journées à jouer. Idem au lycée, où je suis passée à la PS2 avec mes économies (qui m'ont permis de m'acheter une grande télé que j'ai toujours, pour jouer confortablement). Mais la grosse rupture est arrivée en terminale, en 2003, quand je me suis achetée mon premier ordinateur. Connexion internet. Le début de la fin ! Depuis je suis tout le temps connectée. J'ai d'ailleurs un peu délaissé le jeu au profit du net et de toutes ces possibilités.

Tu parles du net et de toutes ses possibilités, quelles sont-elles?

La possibilité de s'exprimer via les blogs, de mettre en ligne du son et de l'image, de partager du travail avec les outils Google (on est très friands de Google Docs à l'ESJ !), d'être en connexion quasi constante avec les autres, que ça soit via MSN ou Facebook, ou plus récemment Twitter (même si je ne vois pas encore pleinement l'intérêt, mais ça viendra !)

A quoi joues-tu en ce moment?

En ce moment, je suis en période de repli ... Vu que je n'ai pas les moyens (ni l'envie) d'investir dans une console next gen et la télé HD qui va avec, je me tourne vers des anciens jeux que je n'ai pas eu l'occasion de faire par le passé. Par exemple, là je joue à Suikoden, un RPG de 1996. J'ai sous le coude Final Fantasy 6, que j'avais fait en version PS1, et je prévois de m'acheter Chrono Trigger. Plus récemment, j'ai acquis Persona 3, un RPG sur PS2 qui est vraiment super, mais réclame beaucoup de temps, que je n'ai pas forcément

Sur quels sites surfes-tu? Que regardes tu? Et que lis-tu qui soit geek actuellement?

Pour les sites, en ce qui concerne les "geekeries", Gamekult, FFWorld, Vie de Merde, les blogs d'amis ... Mais je lis aussi beaucoup les sites d'actu, ça c'est mon côté journaliste ... Et je bloggue ! Par contre je n'ai pas de lecture geek, ça ne m'a jamais attiré.

Est ce qu'être geek (te) coûte cher ?

Non. Ca me coûte ma connexion internet. Après, pour les jeux, j'achète de moins en moins en neuf, je privilégie l'occasion. Et surtout, je n'achète pas tout ce que je veux, sinon on ne s'en sort pas ... J'essaye de me fixer une règle, "pas de nouveau jeu tant que je n'ai pas fini les autres", mais ça n'est pas toujours facile. Mais dernièrement, j'achète rarement plus de 2-3 jeux par an.

Comment ton entourage vit ton coté geek?

Quand je vivais chez mes parents et que j'étais ado, c'était problématique car ça les énervait de me voir passer mes journées devant mon écran, et mes nuits sur le net. Mais je me contrôlais, par exemple je ne jouais jamais après le dîner. Depuis que je vis seule, je ne rends de comptes u'à moi même ! Après, ça amuse mes amis de voir que je suis une petite geekette. C'est pas toujours courant une fille qui s'intéresse à ça.

Depuis quand dirais tu que tu es geek?

Je dirai depuis le collège, quand j'ai commencé à lire des revues spécialisées, à m'abonner à certaines (Joypad), à rêver de travailler dans le milieu, et de ne jouer quasi exclusivement qu'au RPG pour le dépaysement qu'ils apportent.

En quoi les rpg sont-ils dépaysant?

Un RPG, c'est pour moi un livre interactif. Il te plonge dans un univers travaillé, avec des personnages riches, pour te faire vivre une grande histoire dont tu es le héros, en quelque sorte. Tout comme un bon livre te transporte dans son univers, le bon RPG te transporte dans son monde.

Quel est ton premier souvenir geek?

Moi face à la Master System de ma soeur, devant un jeu de moto, incapable de comprendre comment faire avancer la moto, J'ai du attendre que ma soeur rentre du collège pour qu'elle m'explique. Ensuite je m'amusais à faire rentrer la moto en collision contre un arbre ou des panneaux publicitaires car ça faisait une jolie explosion.

Quel a été un de tes grands moments en tant que geek ?

Final Fantasy VII, assurément. Ce jeu aura marqué ma vie de joueuse. Il y a un avant et un après. C'est grâce à lui que j'ai découvert les jeux de rôle japonais, inconnus alors sur le marché français. Je me rappelle que j'appelais régulièrement la Fnac de Dijon, où j'habitais à l'époque, pour savoir s'ils avaient reçu le jeu (je n'avais pas la date de sortie exacte). Je me souviens de mon excitation quand j'ai eu le jeu entre les mains pour la première fois. L'attaque de la centrale, la scène du train, les souvenirs de Tifa, Aérith ... J'ai passé un temps fou sur ce jeu, à m'attacher aux personnages, à m'extasier devant l'histoire, à prendre coeur aux combats, à les dessiner aussi. Je me rappelle d'un boss coriace, il m'avait fallu plusieurs jours pour le battre. Je le racontais, toute folle, à mes amies du collège, qui ne comprenaient vraiment pas comment je pouvais m'enthousiasmer pour un "pauvre jeu" ... FF7 m'a vraiment retourné. Et je me demande comment j'aurais ressenti le scénario, qui est vraiment complexe et adulte, si je l'avais fait aujourd'hui, et pas à 12 ans. Je pense que ça aurait été encore meilleur !

Quelle a été la déception en tant que geek?

Final Fantasy VIII ... Je m'attendais à un jeu à la hauteur du VII, une aventure épique, profonde, des retournements de situation, quelque chose de psychologique, une vraie épopée, et à la place, on a eu ... ça ... Un mec pseudo dépressif amoureux d'une cruche, des personnages secondaires qui ne servent à rien, et une histoire franchement pas géniale. Quelle déception ! Je sais que certains l'adorent, mais pour moi c'est comme goûter un Big Mac après un dîner 4 étoiles, c'est bon, mais c'est pas la même catégorie ...

Comment est ce que tu perçois l’évolution de la culture geek ?

Je ne suis pas Nostradamus, mais je pense qu'on va de plus en plus vers une ouverture au grand public. Regardez la Wii par exemple. Sur le net, le web 2.0 démocratise beaucoup de choses. Et j'ai peur qu'il devienne de plus en plus "cool" de se définir comme geek. Wahou, j'ai un compte Flicker, un compte Twitter, je travaille mes photos sur Picasa et j'invite mes amis à mes soirées via Facebook. En contrepartie, les geeks "canal historique" vont avoir tendance à se radicaliser, je pense. Je constate déjà ça. Repli vers le retrogaming, les productions plus difficiles d'accès, dédain envers la Wii et consort.

Une anecdote (de ta vie de) geek amusante à raconter pour finir?

Les trop nombreuses fois où je vais m'acheter un jeu dans une enseigne spécialisées, et où on me propose un paquet cadeau "pour mon copain" !

 
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