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28/02/2009

Jeux vidéo : achetez malin, achetez radin

BonnePaye02.jpgEn ces temps de disette économique, la pratique du jeu vidéo peut rebuter. Les jeux sont globalement chers : comptez 70€ sur PS3, 60€ sur Xbox 360, 50€ sur la Wii, et 40€ sur la DS. L'avalanche actuelle de blockbusters oblige donc le joueur à faire des choix pour ne pas exploser son budget.

Pourtant, il existe des solutions pour payer ses jeux moins chers.

Nous passerons sur la pratique de l'occasion, car bien souvent, les offres ne sont pas si intéressantes que ça. Que dire devant les jeux DS, pour certains sortis depuis 2 ou 3 ans, vendus 35€ au lieu de 40 ? Le temps des jeux revendus à moitié prix en occasion semble bien loin.

Alors, où se trouve la solution miracle ? Sur le web, bien entendu.

Classique, mais efficace, les sites comme Cdiscount (notamment pendant les soldes) ou 2xmoinscher. Attention cependant à bien éplucher les offres (notamment sur 2xmoinscher), certaines boutiques n'hésitant pas à vendre au dessus du prix de vente conseillé certains jeux, au motif qu'ils ne sont plus évidents à trouver.

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54€ en version européenne, alors que le jeu était vendu 40€ à sa sortie. Quant aux versions US et japonaises, elles sont vendues un peu plus haut à 20€, contre 55 et 60€ ici.

Autre solution, eBay. Des vendeurs mettent aux enchères des jeux récents à partir de 1€. En jouant finement, il est donc possible de remporter le gros lot avec un rabais plus qu'intéressant. eBay est aussi le paradis des retrogameurs, avec moults lots de consoles old school à des prix ridicules, et des cartouches à partir de 1€. Attention néanmois, eBay est aussi le paradis des arnaqueurs, qui n'hésitent pas à mettre en vente des jeux rares ou en rupture de stock à des prix scandaleux. Ce sont aussi eux qui achètent des dizaines de jeux en soldes dans les grandes surfaces, pour les revendre aussitôt (avec un bon profit) sur le site. Règle d'or donc : ne payez jamais au dessus du prix de vente dans le commerce !

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Cas classique : Final Fantasy 7. Introuvable aujourd'hui dans le commerce (sortie en 1997), certains n'hésitent pas à le vendre à 90€, voire plus de 100€ dans des boutiques parisiennes spécialisées. Alors qu'en quelques clics, on peut trouver le même jeu à un prix beaucoup plus raisonnable.

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Certes c'est une enchère, mais il y a peu de chances pour qu'elle monte aussi haut que précédemment. Et à ce prix là, c'est vraiment une affaire.

Dernière solution, de loin la plus intéressante : acheter ses jeux à l'étranger, et plus particulièrement en Angleterre. Avec la chute de la livre, les prix y sont vraiment intéressants. On a ainsi vu Street Fighter 4 à 36.50€ sur Play.com, contre 70€ ici ... frais de ports inclus. La preuve en image.

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Si on ajoute que l'on peut payer directement en euros (=pas de frais bancaires), et que les frais de port sont gratuits, l'affaire est immense. Alors certes, il faut attendre plusieurs jours pour être livrés, mais à ce prix là, on peut s'offrir deux jeux pour le prix d'un ...

"Oui mais je veux pas de jeux en anglais !". Certes. Mais la quasi totalité des jeux sortant en Europe sont multilingues. Le jeu détecte la langue de votre console, et se lance directement dans le bon langage. Amusez vous à changer la configuration de votre console en la passant en anglais, en allemand ou en espagnol, puis lancer un jeu, vous aurez quelques surprises !

Enfin, pour les consoles portables, rien ne vous empêche de commander aux Etats-Unis ou en Asie. Les jeux ne sont pas zonés, et passeront donc sans problème sur les consoles européennes. Les jeux américains sont en général meilleur marché qu'en Europe, sans compter les jeux qui ne sont pas vendus sur notre continent. Attention cependant aux ports (n'hésitez pas à faire des commandes groupées pour faire baisser les frais), et surtout aux frais de douanes. Bonne nouvelle, de plus en plus de jeux contiennent la version française, grâce à la loi québécoise.

Pour finir, un exemple avec un jeu culte, mais introuvable en France dans le circuit classique : Final Fantasy VI Advance. Le jeu est sorti en France à l'été 2007, mais le faible nombre d'exemplaires a conduit à une rupture de stock, qui elle, a mené à une spéculation parfois abusive.

Amazon France :

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Oui, 149€, alors que le jeu était vendu ... 40€

Amazon Etats-Unis
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On passe de 149€ à 35$, soit 27€, auxquels s'ajoutent les frais de ports. (même si dans ce cas précis, le joueur européen ne peut pas importer le jeu, le marketplace d'Amazon.com interdisant l'envoi de jeux vidéo des boutiques partenaires en dehors des Etats-Unis. Mais si le jeu est vendu directement par Amazon, il n'y a aucun problème)

Bref, pour jouer à peu de frais, misez sur l'international !

De la lecture pour le week end

funny-pictures-monorail-cat.jpgRien que pour vous, une sélection d'articles plus intéressants les uns que les autres, à lire en mangeant un bon gâteau au chocolat.

Du côté web ...

Mais combien d'amis a-t-on vraiment sur Facebook et Twitter ?

Une réflexion sur le bug de Gmail cette semaine

"La loi Hadopi est une mauvaise réponse faite par des gens désemparés" Sur le sujet d'Hadopi, plusieurs très bons articles sont disponibles sur le site de Read Write Web.

Mais pourquoi n'a-t-on pas en France l'équivalent des Lol cats et autres mèmes ? Réponse ici (et en plus c'est suffisamment clair pour que même ceux qui n'y connaissent rien y comprennent quelque chose)

Déjà un peu daté, mais toujours excellent, histoire et pratique du LOL.

Du côté des jeux ...

Pourquoi les jeux de plus de 15 ans nous émeuvent-ils plus que les mégaproductions actuelles ?

A l'occasion de la sortie de Silent Hill Homecoming, retour sur la peur dans les jeux vidéo.

19:09 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (2)

27/02/2009

Fanny : "J'ai toujours eu l'impression de devoir justifier ma passion aux autres"

l'engloutissement de reve.JPGAu programme de l'interview de la semaine, Fanny, 26 ans, joueuse invétérée. Capable de jouer des heures d'affilée, même avec 38° de fièvre, cette jeune femme rigolote qui n'a pas la langue dans sa poche affiche haut et fort sa passion pour les jeux vidéo, les mangas, et Internet. Rencontre avec une autre geekette.

Quelques mots pour te présenter ?

Fanny, alias Pandemonium ou Pandinette. 26 ans. Un joli Deug de droit dans la poche.

Pour toi, c'est quoi un geek ?

Comme c'est devenu super tendance d'être geek, on nous en sert à toutes les sauces, ça devient difficile de donner une définition. Pour moi, ca reste un passionné, dans les nouvelles technologies essentiellement, les jeux surtout, la SF un peu aussi. Ca reste quelqu'un avec des goûts un peu en marge du reste du monde (même si, comme je l'ai dit au début, c'est devenu méga tendance d'être geek)

Et toi, en quoi tu te sens geek ?

Parce que je réponds à tous les critères pré-cités ! Depuis que je suis gamine, j'ai toujours été passionné par les ordinateurs, les jeux vidéo et la science fiction. J'ai mon petit coté no life aussi. Rien ne vaut une bonne rigolade sur MSN ou une partie de jeu en ligne pour déconner un coup. Mais c'est pas moi qui me sens spécialement geek, c'est plutôt le reste du monde qui te catalogue comme ca. C'est quand on m'a dit  « mais t'es une vraie no life » que j'ai compris que j'avais certainement un petit coté geek. Et surtout quand j'ai compris que je préférais dépenser mes sous dans les magasins de jeux video plutôt que chez H&M !

Quand as-tu commencé à jouer ?

Quand j'ai eu ma première grand histoire d'amour. J’avais 16 ans et j'avais réussi à ce qu'il m'offre une Playstation. On a connu plus romantique comme cadeau ! Ensuite, la machine était enclenchée, dès que  j'avais un peu d’argent, je me payais un jeu. C'était beaucoup moins cher que maintenant. Il a fallu que mon père me force à faire les magasins pour m'acheter des fringues ! Quant au maquillage, c'etait hors de question : du fric dépensé pour rien. Forcement, il y avait un décalage certain entre moi et les autres filles. Seize ans, ca reste l'âge où on pense essentiellement aux mecs et à sortir en boite. Moi je pensais à Resident Evil, Spyro et Final Fantasy 7.

Ton côté gameuse est donc venu "sur le tard", contrairement à d'autres qui sont tombés dedans  tout petits?

Gamine, j'ai eu ma petite Master System avec Alex Kidd, son fameux hambuger de fin de niveau, Sonic et Tetris. Je sentais bien un truc mais mes parents ont toujours refusé d'acheter une autre console. Du coup, je jouais sur la Super Nintendo de mes cousins. Il a fallu la Playstation et surtout le tout premier Resident Evil. Je me souviens, je devais avoir 15 ans, je suis allée chez un copain et Resident Evil tournait. Et là : la révélation. Il me fallait ce jeu. Apres l'engrenage s’est enclenché, les RPG, les jeux de plateforme, un PC rien qu'a moi, les débuts d'internet et du 56k, la découverte des animes. Donc oui, c'était sur le tard. Je ne suis pas une vraie hardcore gameuse en somme. Cela dit, je pense que je me suis bien rattrapée par la suite …

C'est quoi ton meilleur souvenir geek ?

Final Fantasy 7 incontestablement. Ce jeu est une perle, un bijou à l'état brut. Jamais quelque chose ne m'avait entrainé aussi loin, aussi fort. Tout est là, le scénario, les personnages, les musiques. C'est grâce à FF7 que j'ai découvert les RPG et tous ces univers si prenant. Jamais jeu ne m'aura autant marqué par sa profondeur, ses réflexions, son système de combat. Rien que d'écrire je me revois encore tellement de scènes marquantes, la vérité sur le bonhomme en bleu, les  coups de pressions de la course poursuite sur le pont pour la sortie de Midgar. Non, définitivement, la découverte de FF7 restera mon meilleur souvenir de geek, et ca fait 11 ans que ca dure.

Et le pire souvenir?

J'en ai deux en fait. Le premier est Final Fantasy 10-2. J'avais beaucoup aimé FF10, j'avais trouvé la fin extrêmement touchante, tellement touchante que j'avais presque versé ma larme (en vérité je l'aurais versé mais je me suis retenue). Quand on m'a annoncé la suite, j'étais plutôt contente et puis, j'ai vu le trailer. Et là, le drame. Comment peut-on transformer une héroïne touchante et attachante en pouffiasse avec ses deux copines en string ? Là vraiment je ne comprends pas. Tout était pourri, du début à la fin du soft. Un très très très très mauvais souvenir.

Le second, je vais en faire hurler certains et certaines, mais ca reste Final Fantasy 12. J'attendais énormément de ce jeu, je suis allée l'acheter en avant première dans un célèbre disquaire libraire a minuit, le debut était plus que prometteur, et puis la déception avec un système de narration qui exclut totalement le joueur. FF12 est passé du stade de THE jeu a celui de jeu sympatoche et ca, c'est atroce à vivre, vraiment.

Est-ce qu'être joueuse te coûte cher ?

Carrément ! Je me souviens du nombre de fois où étudiante, j'ai dû manger des pâtes sans arrêt parce que j'avais craqué sur un jeu, et je ne parle même pas quand je devais changer de pc. Encore, avant j'arrivais quand même a me débrouiller avec les magasins d'occasion ou à 30 euros t'avais un très bon jeu, maintenant c'est 50… forcement ca change la donne. En plus, avec la next gen et les consoles pas données… Mais j'ai la chance de travailler (donc un revenu stable), j'ai la chance d'avoir un compagnon aussi geek que moi qui participe largement aux dépenses et j'ai aussi la chance d'avoir des réductions sur les jeux neufs grâce à mon travail. Donc pour répondre a la question, oui ca coûte super cher d'être joueuse.

Comment as-tu vécu (ou vis) le regard des geeks mâles sur toi, en tant que femme ? Ce n'est pas un peu dur de se faire reconnaître comme légitime dans un milieu qui a longtemps été très masculin ?

Il ne se passe pas une fois quand je vais acheter mes jeux sans que le vendeur me sort un magnifique « c'est pour un cadeau? ». Je me souviens d'une fois où je suis allée faire les magasins avec un copain qui n'y connait strictement rien aux jeux, mais alors rien du tout. On était tous les deux devant l'étal et le vendeur va directement vers mon ami et lui demande « je peux vous aider? » sans même m'adresser un regard. Il a fallu qu’il lui réponde « elle sait ce qu'elle veut, ne vous inquiétez pas » pour qu'il me prenne en considération. Maintenant je trouve ça rigolo. En règle générale, les geeks sont pas contre les filles, au contraire, il suffit de montrer qu'on a joué à des jeux cools et ca passe tout seul. Maintenant, c'est même moi qui les aide quand ils ont des problèmes sur leur PC. Comme quoi, nous les filles, on sait quand même mieux se débrouiller que les mecs ! En fait, ce qui est vraiment difficile, c'est pas d'être acceptée par les geeks, c'est le reste du monde en fait.

Tu peux détailler ?

Les gens sont restés bloqués sur des idées préconçues. Pour le citoyen lambda, tu dis jeux vidéo, il pense « gamin », « débile », « trucs à la con ». Quand toi tu débarques, fille, pas con, pas moche et que tu lâches que tu aimes les jeux vidéo et internet, ça fait l'effet d'une bombe. Il a fallu que mon père me voit jouer à Silent Hill 2 pour qu'il comprenne que non, les jeux c'est pas pour les gamins, que non les soirées MSN, ça veut pas forcement dire que t'es asocial. J'ai toujours eu l'impression de devoir justifier ma passion aux autres. Avec la démocratisation des jeux, ca change pas mal maintenant (merci la Wii), même si je trouve que les jeux "pour filles" comme Léa passion gâteaux, c'est vraiment réduire les goûts des filles à pas grand-chose.

Justement, tu offrirais quoi comme jeu à une petite fille, pour lui épargner les jeux que tu cites ?

Je vois avec ma niece, elle a 8 ans, je lui ai prêté ma DS (ma belle sœur refuse de lui en acheter une). Il y avait Final Fantasy 12 Revenant Wings dessus. Eh bien ma nièce, du haut de ses huit ans, elle a torché 5% du jeu tout seule. Et elle en redemandait ! Après, je suis réaliste, je ne vais pas lui demander de finir un jeu trop difficile pour son âge, mais un jeu marrant avec des animaux, comme Animal Crossing. Si ca ne tenait qu'à moi, je lui aurais offert la DS avec FF12 Revenant Wings, et je l'aurais mise sur la Playstation devant Spyro le dragon. Des jeux intéressants à tout âge, ils ne révolutionnent pas le monde, mais c'est une bonne passerelle vers le reste.

Et toi, tu joues à quoi en ce moment ?

De la next gen surtout, depuis nos coups de folie avec mon compagnon pour la Xbox et la PS3. En ce moment c'est Fable 2 sur Xbox, Prince of Persia sur PS3 et Star Ocean sur PSP.

Pour finir, une anecdote amusante sur ta vie de joueuse ?

Je me souviens, je jouais à FF7. A un moment, il faut trouver un objet nommé harpe lunaire. Pour se faire, on doit engager des archéologues pour faire des fouilles. Ca coûte de l'argent. J'étais au téléphone avec le frère d'une copine qui avait déjà fait ce moment là. Je me plaignais du fait que moi je ne trouvais pas la harpe, et juste au moment où je dis « mais j'y arrive pas, j'ai plus de sous en plus, ca coûte ces conneries ! », mon père passe devant ma chambre et se met à crier « ouais! Et c'est encore moi qui vais payer!!! ». Qu'est-ce que j'ai rigolé quand je lui ai dit que je parlais d’un jeu …

22/02/2009

Les grands noms de la presse jeux vidéo en podcast

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AHL et Greg taillant la bavette, c'est possible, et c'est dans ce podcast. Photo (c)Gameblog

Joie, bonheur, extase. Le site Gameblog fête ses deux ans, et pour l'occasion réunit les grands noms de la presse vidéoludique, ainsi que sur la télé : AHL, TSR, Trazom, Marcus, Raggal, Alex Pilot, Greg, Bertrand Amar, Thierry Falcoz, Lâm, Féthi Maayoufi, Matt Murdock, Alex Nassar, Elwood, Cédric Ingrand, et Caroline Speller. Tilt, Console Plus, Joypad, Joystick, Player One .... Souvenirs !

Plus de deux heures de son pour un podcast qui tirera une larme aux gamers. Les thèmes abordés sont variés, le jeu vidéo hier et aujourd'hui, la presse et le web, les filles et les JV, la télévision, No Life, et évidemment  plein de private jokes, de vannes, et de gros délires comme à la bonne époque. Et quel bonheur d'entendre des gens qu'on lisait avec passion il y a une dizaine d'années (AHL !).

Tout ça s'écoute ici.

Et j'applaudis le propos de Caroline Speller sur la place des femmes dans le jeu vidéo et dans la presse vidéoludique (papier et web). Assez des clichés, assez de l'absence des filles dans les rédactions. Je me rappelle, ya dix ans, il y avait une fille dans la rédac de Joypad (Karine). Sauf qu'elle se tapait tous les jeux ciblés enfants ou filles ... Anecdote personnelle, quand je bossais chez Tom's Games (RIP), nous étions une majorité de filles dans l'équipe (3 filles contre 2 mecs et le redac chef), et pendant une certaine période, nous étions deux filles pour tenir le site, ce qui était plutôt plaisant. Hélas, une fois la rentrée venue, nous sommes toutes reparties à nos études ... Je parlerai sûrement de cette expérience dans un autre billet.

En attendant, profitez de cet extraordinaire podcast.

19/02/2009

Loup : "Continuer de voir les jeux vidéo comme un rêve"

peaaach.JPGAu menu de l'interview cette semaine, Loup, alias Alex le serveur (ALS). Sa particularité? Il travaille pour un célèbre site d'information et de tests sur les jeux vidéo. Autrement dit, il teste les jeux vidéo. Le rêve de bien des gamers ...


En quoi te définis-tu comme geek ?

Je ne me reconnais pas spécialement dans le terme de "geek", peut-être tout simplement parce que je n'estime pas avoir les connaissances pointues en informatique que tout vrai geek devrait avoir. Mais j'ai entendu un jour une définition qui me plaisait beaucoup : "si tu sais ce que geek veut dire, alors tu en es un." J'imagine donc que quelque part, je dois être un geek qui n'assume peut-être pas ! C'est vrai que le jeu vidéo occupe une place importante de mes loisirs, mais sûrement grâce au fait de travailler dans le milieu, je pense avoir un regard plus détaché.

Comment tu es entré dans la presse spécialisée ? C'était une envie qui date d'il y a longtemps ou un hasard de la vie ?

Quand j'étais tout petit, je voulais être "créateur de jeux vidéo". Disons que ce n'était pas vraiment ce dont rêvaient mes parents et, en grandissant, il a bien fallu que je comprenne que derrière les jeux, il n'y avait pas une seule personne mais bel et bien une véritable équipe. J'ai donc eu des rêves plus réalistes et j'ai fait des études littéraires, mais je rêvais toujours de travailler "là-dedans", comme un enfant. C'est tout simplement en répondant à une annonce que j'ai été embauché. A vrai dire, lorsque j'ai reçu le mail de convocation, je n'y croyais pas. Lorsque je suis descendu à Paris, je n'y croyais toujours pas non plus, et il m'a fallu quelques jours avant de me rendre compte que le rêve s'était réalisé. Après, quand j'en parlais autour de moi, les gens avaient l'air de trouver ça banal. C'est peut-être là mon côté geek : continuer de voir les jeux vidéo comme un rêve.

En dehors de ton boulot, tu joues à quoi en ce moment ?

En ce moment précis, je joue aux deux épisodes de Viva Piñata sortis sur la 360. Il y a aussi Chrono Trigger qui me fait de l'oeil, mais que je n'ai pas encore acheté. Et j'ai toujours ma DS à portée de main pour pouvoir monter un ou deux Pokémon au niveau 100. Sinon, quand je suis sur mon PC, il y a de fortes chances pour que je joue aux Sims 2 ou à Sim City 4. Et j'organise assez régulièrement des soirées SingStar ou Buzz, car l'une des choses que je préfère dans les jeux vidéo, c'est qu'on peut y jouer à plusieurs.

Ton premier souvenir vidéoludique, c'est quoi ?

Mon tout premier souvenir vidéoludique, c'était le jeu Tortues Ninja sur NES. J'y jouais chez un ami qui avait cette console. Mais le premier vrai souvenir marquant, c'est Super Mario World. J'avais eu la Super Nintendo avec le Super Nintendo Scope, une espèce de bazooka qui ferait pâlir de honte le flingue de la Wii. Et une quinzaine de jours après avoir eu la console pour Noël, j'ai eu Mario pour mon anniversaire. C'était une véritable découverte, une grande aventure pour le petit garçon que j'étais à l'époque. Il m'aura quand même fallu plus d'un an avant d'arriver à battre le boss de fin !

Et ton meilleur moment, celui qui te marque pour longtemps ?

Après Super Mario World, je dirais qu'il y a eu trois temps forts dans mon parcours de gamer : Secret of Mana, Super Mario 64 et Banjo-Kazooie que je range ensemble, et enfin Final Fantasy VII. Tous les trois ont comme point commun de faire vivre une grande aventure au joueur. C'est cette impression de gigantisme qui m'a tout de suite plu. Je me souviens par exemple du moment où j'ai quitté Midgar dans Final Fantasy VII, alors que je trouvais la ville immense. Et là, ce n'était qu'un tout petit morceau du monde. Aujourd'hui, ces jeux n'ont plus le même impact sur les joueurs, surtout Secret of Mana, que je refais en ce moment et qui a terriblement vieilli (et qui, surtout, a été traduit avec les pieds, chose dont je ne m'étais pas aperçu à l'époque). Je suis peut-être un vieux con moi aussi, mais je trouve que les jeux d'aujourd'hui ne parviennent plus à donner cette impression d'immensité, cette envie de parcourir le monde. A tout hasard, je prendrais Final Fantasy XII comme exemple : les développeurs ont clairement voulu bâtir un monde entier, mais pas une seule fois je me suis senti comme un véritable explorateur. En fait, je trouve que les jeux d'aujourd'hui manquent souvent de "sublime", au sens littéraire du terme.

Ta plus grande déception de gamer ?

Ah, très difficile à dire. Je suis souvent très enthousiaste, même si par déformation professionnelle, je me focalise dès les premières secondes sur les défauts des jeux. Mais cela ne m'empêche absolument pas de les apprécier à leur juste valeur. Disons que pour éviter d'être déçu, j'évite de placer trop d'espoir dans tel ou tel titre. Maintenant, c'est vrai que Final Fantasy XII, pour y revenir... Ce n'est pas un échec, mais il n'a pas la grandeur d'âme de ses aînés, c'est plutôt une très jolie coquille un peu vide. Globalement, je suis plutôt déçu par le fait que des titres merveilleux comme Okami ou innovants comme Banjo-Kazooie : Nuts and Bolts n'aient pas eu plus de succès, tandis que les éternelles suites et les jeux de sport déplacent toujours autant les foules.

Comment est ce que tu perçois l'évolution de la (contre)culture geek, et notamment l'ouverture au grand public ?

Je pense que la culture geek, comme toutes les cultures ou les communautés de nos jours, est un peu en train de se perdre. En fait, se réclamer à corps et à cris d'une culture ou d'une communauté est le meilleur moyen de lui faire perdre son identité, et c'est ce qui se passe aujourd'hui, au moment où les gens veulent être ceci ou cela, et se mettent à faire des choses dans ce sens-là "parce que c'est comme ça que ça doit se faire". C'est un peu dommage. Pour moi, c'est la communauté qui te choisit, et pas l'inverse : en faire partie ne doit demander aucun effort. Aujourd'hui, quelqu'un qui a les trois consoles de salon actuelles, un PC à 2000 € et un Ipod peut se réclamer geek, simplement par posture. Alors que ce n'est pas l'équipement qui compte, mais plutôt la façon dont on le conçoit. Pas besoin d'une tonne de gadgets pour être un geek. On l'est, ou on ne l'est pas. Je préférais donc quand être geek était quelque chose de plus élitiste. Cela dit, c'est l'avis de quelqu'un qui ne se sent pas geek...

Parle-nous un peu de ton travail. Etre testeur, concrètement, ca se passe comment ?

Alors concrètement, être testeur, ça veut déjà dire n'avoir aucune reconnaissance sociale. La plupart des gens, pour ne pas dire tous, considèrent que nous sommes "payés pour jouer". Ce n'est pas entièrement faux, mais c'est très réducteur et franchement désagréable à entendre. Le testeur joue aux jeux, mais il effectue également un travail de journaliste et rédige donc des articles (tests ou news). Sans compter que comme tous les journalistes, il vit avec une petite horloge au-dessus de la tête. Pour la presse écrite, il faut tout rendre avant le bouclage. En ce qui concerne les sites Internet, il faut être réactif, rapide et efficace. Un peu comme si c'était le bouclage tous les jours. Heureusement, les éditeurs envoient généralement des copies du jeu avant sa sortie officielle, mais ce n'est pas toujours évident d'être dans les temps. C'est un travail très agréable, mais ça reste un travail : beaucoup de jeunes s'imaginent qu'il suffit de savoir jouer, ou encore que l'on s'amuse tous les jours. Ce n'est pas vraiment le cas, et comme pour tous les autres emplois, on s'amuse davantage avec ses collègues qu'avec son travail.

Une petite anecdote pour finir ?

Je n'ai pas vraiment d'anecdote précise, mais j'adore la façon dont les joueurs s'approprient les aventures des personnages dans les jeux vidéo. Il n'y a d'ailleurs qu'avec le jeu que l'on peut se le permettre. Personne ne revient du cinéma en disant "Et à ce moment-là, j'ai failli me faire dévorer par une araignée géante en haut d'une montagne." Par contre, on entend souvent les joueurs dire "Et à ce moment-là, je lui ai envoyé une boule de feu en pleine face, et je ne l'ai plus jamais revu." Ca donne des dialogues assez amusants, quand on y pense, pour peu que l'on se mette dans la peau de quelqu'un-qui-ne-joue-pas. Je me souviens des discussions interminables au restaurant avec des amis sur nos familles de Sims. Les gens vous regardent bizarrement quand vous dites "J'ai envoyé mon aîné à l'université, mais le deuxième, je l'ai noyé, il était trop moche."

 
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